
Amsterdam foi o meu primeiro enamoramento com Jacques Brel. O single comprado na cidade-luz como que pulava nas minhas mãos acelerando a vontade da chegada a nossa casa em Oliveira de Azeméis para o poder voltar a ouvir. Mal chegado, não pensei em outra coisa senão correr para o gira-discos e ouvi, ouvi e ouvi. Ainda tenho esse single. Velhinho e gasto, muito gasto de tanto uso. A magia que dele emana continua a mesma. Anos mais tarde percorri vezes sem conta as ruas de Amsterdam. Com Brel na alma. E sempre assim será.
AMSTERDAM
“Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d’Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le coeur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D’un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s’entendre rire
Jusqu’à ce que tout à coup
L’accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fier
Ils raménent leur batave
Jusqu’en pleine lumière
Dans le port d’Amsterdam
Ya des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d’Amsterdam
De Hambourg ou d’ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans le étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infideles
Dans le port d’Amsterdam
Dans le port d’Amsterdam.”
Jacques Brel
(Jacques Brel – “Oeuvre Intégrale” , France Loisirs, Paris, 1982)

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